21 juil. 2008 Michael AugustineRead in English
C’est encore moi,
Eh bien, aujourd’hui, je suis très enthousiaste. Cette fin de semaine est la première des cinq fins de semaine du Vélotour SP RONA en Ontario. La première randonnée, qui passera de Grand Bend à London, est de loin ma préférée, parce que pour moi, c’est là que tout a commencé.
J’ai rencontré Bill Bates (je sais, je sais, mais non, aucun lien avec Bill Gates) par hasard, il y a plusieurs années, lors de la toute première « soirée au pub » du Vélotour SP RONA. Quand j’ai su que l’événement aurait lieu, j’ai demandé si je pouvais aider, comme bénévole. J’étais toujours à l’affût de nouvelles occasions d’apprendre et de rencontrer des gens intéressants, sans compter qu’il y aurait des hors-d’œuvre gratuits, ce qui est toujours motivant.
C’est là que j’ai rencontré Bill. Il était déjà encadreur (au Vélotour) et vaillant collecteur de fonds depuis plusieurs années. J’ai été abasourdi d’apprendre que, dans la seule année précédente, il avait amassé, avec son épouse, Andrea, bien plus de 6 000 $, principalement en organisant, en vue du Vélotour, des barbecues dont ils étaient les deux seuls « employés ». Je me rappelle très bien avoir pensé : « Wow, il FAUT que je voie ÇA ». C’est ainsi que j’ai offert mes services comme bénévole et que j’ai participé à mon tout premier BBQ de bienfaisance Bates, qui a eu lieu sur la propriété d’un Wal-Mart, ici, à Mississauga.
Bien qu’on ait beaucoup apprécié mon aide, ce sont Bill et Andrea qui ont tout fait. Ils se sont tenus là pendant 6 ou 7 heures chacun, une grosse cruche à la main, à demander à chaque passant de faire un don de petite monnaie. Pendant ce temps, je m’occupais de la caisse, tandis que leur neveu Dave bravait les flammes d’un barbecue industriel et préparait les galettes de viande et les saucisses. Quand nous avons terminé, nous n’en pouvions plus, mais nous avions recueilli 2 000 $ en dons, principalement des pièces d’un et deux dollars, et encore quelques centaines de dollars en vente d’aliments. Comme le magasin avait offert de doubler les dons recueillis, nous avons réussi, à nous quatre, à amasser près de 5 000 $ dollars ce jour-là.
C’en était fait : j’avais la piqûre du BBQ. J’ai donc continué d’offrir à Bill et à Andrea mes services de bénévole pour 7 autres événements ce même été. À l’approche du Vélotour, ils avaient déjà amassé plus de 16 000 $, et ils en recevaient encore. J’étais si content de mon expérience que j’ai demandé au personnel du siège social si je pouvais faire du bénévolat pour l’événement lui-même, ce qu’on a accepté avec plaisir. C’est ainsi que, le dernier vendredi de juillet, Bill, Andrea et moi nous sommes tassés dans leur voiture pour nous rendre à Grand Bend.
L’expérience n’a pas été parfaite. La route avait été très agréable, mais le temps s’était assombri à mesure que nous descendions vers le sud. Mon enthousiasme s’est noyé dans l’orage, qui ne semblait pas vouloir cesser. Le lendemain, plus de 1 200 cyclistes se sont rejoints à la ligne de départ, la plupart déjà trempés par une bonne averse, pour entreprendre une randonnée de près de 170 km. Nous étions tous pitoyables.
On m’avait conduit jusqu’à la ligne d’arrivée, sur la propriété de l’Université Western Ontario, à London, et on m’avait demandé si j’acceptais de rester dehors sous la pluie pour encourager les braves guerriers à vélo qui arriveraient au bout de la première étape de la randonnée. Au bout de vingt minutes, trempé jusqu’aux os, je suis rentré. Quand les premiers cyclistes sont arrivés, ils étaient… comment dire… plutôt frustrés. Non seulement le vent et la pluie battante avaient-ils rendu la randonnée très éprouvante, mais, en plus, il n’y avait personne pour les accueillir à la ligne d’arrivée. Avec le recul, je me dis que ça a été pour moi une révélation. Quoi qu’il en soit, je me souviens d’avoir résolu que ces hommes et ces femmes avaient besoin de savoir EXACTEMENT combien j’appréciais leur effort.
Je suis donc sorti et je me suis planté en plein milieu de la ligne d’arrivée, où j’ai attendu seul, sous la pluie battante, dans mon fauteuil roulant et dégoulinant, l’arrivée des autres cyclistes. Quand le premier d’entre eux est arrivé en haut de la côte, j’ai vu son visage passer de l’effort à la joie, s’illuminant comme par un million de chandelles en me voyant, tout seul, à crier comme un imbécile et à l’encourager de toutes mes forces. En passant à côté de moi, il m’a lancé dans la main une tape mouillée et dans l’oreille le « merci, vraiment », le plus sincère que j’avais jamais entendu. La gratitude était réciproque, vous pouvez me croire!
Je suis resté là encore cinq longues heures, de plus en plus trempé, à lancer des tapes dans la main de chaque cycliste et à regarder leur expression passer de pitoyable à enchantée. Le lendemain, le soleil a brillé dans un ciel sans nuage et les 1 200 participants, maintenant heureux, m’ont encore trouvé là, à la ligne d’arrivée, en train de cuire au soleil, avec mon sourire et ma main prête à taper dans chacune des leurs pour les accueillir et les féliciter.
Le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.
Depuis ce temps, j’ai participé à presque chacun des dizaines de barbecues de Bill et d’Andrea. Chaque année, non seulement ils égalaient leur montant de l’année précédente, mais ils amassaient plus du double. Cette année, ils ont recueilli ensemble plus de 42 000 $, et il en reste à venir, ce qui fait d’eux rien de moins que le couple de collecteurs de fonds le plus fructueux au Canada, point. Pour ma part, je me poste chaque année à la ligne d’arrivée de quatre randonnées du Vélotour. Je peux me vanter d’être devenu en quelque sorte l’une des mascottes de ces randonnées, et c’est avec une très grande fierté que je peux dire que certains cyclistes m’ont avoué que ce qui les motive à revenir, d’année en année, c’est cette tape d’encouragement à la fin de la randonnée.
En prime, dans tout ça, je me suis lié d’amitié avec Lori Anne, la chef principale de la Collecte de fonds pour le sud-ouest de l’Ontario, une femme très drôle et très dévouée, et avec Erin, son homologue à Toronto, tout aussi drôle et dévouée. Leur passion pour le Vélotour SP RONA a fait d’elles de véritables modèles de réussite et de triomphe. C’est Lori Anne qui a le mieux résumé : « Tu sais ce que j’aime chez toi? Tu sais que tu es le gars qui a pour mission d’inspirer les gens et tu le fais volontiers, et tu le fais bien! ÇA, ça m’impressionne! »
C’est le plus beau compliment qu’on m’ait jamais fait!
À une autre année de records battus en 2008! Je vous reverrai à la ligne d’arrivée...
TAPE LÀ-DEDANS!
Irrévérencieusement,
Mike, qui porte des gants cette année, pour éviter les mains endolories